Luc Tiercy

Artiste-sculpteur, originaire de Genève

Vit et travaille à Meyrin et Avusy (Genève-Suisse)

1959     Naissance à Senanga (Zambie), arrivée à Genève en 1967

1985    Diplôme de l’Ecole supérieure d’art visuel de Genève (ESAV)

1987    Brevet d’enseignement, Instruction Publique de Genève

1978 – 85    Flûtiste dans de nombreux concerts

1984 – 95    Crée 10 spectacles avec le groupe « Coup de Théâtre »

1990    Achat d’une parcelle et création d’un atelier en plein air.
Dès 1990 parallèlement à son activité dans l’enseignement, développe ses recherches plastiques et picturales,
tout en exposant régulièrement en Suisse et à l’étranger

2005    Editions Vie Art Cité, monographie « Luc Tiercy – Dialoguer avec la nature »

2008    DVD « Sculpture sur pierre : de la nature à l’exposition – le sculpteur face à sa pierre ». Deux films du réalisateur Marc Dallon, D.I.P.(Genève)

« Mon travail prend essentiellement racine dans et avec la nature. J’y ramasse et sculpte des matériaux nobles comme le bois et la pierre. Du reste, mon atelier est en plein air et perdu en rase campagne.

Mon premier geste est l’observation ; m’arrêter et regarder, prendre le temps, imaginer, être à l’écoute de ce qui est là, à mes pieds, devant mes yeux… Choisir, ramasser, ramener à l’atelier… même si je ne sais pas encore ce que je vais en faire.

Je vais généralement chercher mes pierres aux abords des carrières, en cherchant dans les déchets et la caillasse. La forme brute, la couleur, une veine, peuvent être le départ d’une sculpture. Je cherche à révéler, à mettre en valeur ces caractéristiques. J’observe, je vais d’étape en étape, je ne sais pas quel sera le résultat final: c’est un dialogue au coup par coup. Un autre départ possible, c’est le dessin, la maquette, puis la recherche du bloc en marbrerie pour réaliser le projet.

Je taille : je ne fais qu’enlever de la matière. Cela implique de « voir » le vide, d’imaginer l’espace, la ligne, entre la forme recherchée et les bords du bloc. J’élimine, pour ne garder que l’essentiel, ce qui est vital, parfait, tendu.

Une fois que je tiens la forme, je m’occupe de la surface, la peau de l’œuvre, ce que l’œil va voir, ce que la main va toucher… Brutes, poncées, fraisées, polies, je cherche des textures différentes dans la même pièce. Et c’est bien la lumière qui va réellement révéler le volume, car elle ne circule pas de la même manière sur une surface rugueuse ou lisse.

Je préfère les formes non-figuratives. Pas de titre, mais numérotées, mes pièces laissent ainsi libre cours à l’imagination de chacun. Les courbes sensuelles, la richesse des couleurs et des textures interpellent constamment la vue et le toucher.

Luc Tiercy (Janvier 2010)

Prochaine exposition : Pince-pierre au musée de Carouge du 28 novembre 2011 au 25 février 2012

A paraître (novembre 2011) « Lumière de Pierre » Editions images-in Photographies : Laurent Barlier     Textes : Armande Reymond

son projet ART EN CAMPAGNE 2011, sur le thème:

« Leurres et Lueurs »

La borne

« J’ai choisi de positionner ma sculpture « pile » sur la frontière franco-suisse, à côté d’une « vrai » borne frontière. Les deux pierres ont une similitude de forme. Je cherche à les faire dialoguer entre elles.

Borne, pierre qui sert à matérialiser une limite de terrain, à marquer un repère, à barrer un passage (Le Petit Larousse).

La borne frontière symbolise une limite entre deux pays : mais est-ce une frontière réelle ou abstraite ? Y a-t-il vraiment un obstacle qui nous empêche de passer, de franchir cette frontière? Cette lisière, est-ce une frontière naturelle entre forêt et champ, entre la lueur sombre des bois et la clarté d’un espace vierge et lumineux des champs ? Ce passage est-il, pour certain, une lueur d’espoir, une lumière fugitive de jours meilleures, ou un leurre ? Ca ne sera pas mieux de l’autre côté ! Y a-t-il deux faces du monde ?
Du reste, les deux faces de cette borne sont gravées d’une lettre, à l’effigie du territoire qu’elle représente.

Ma sculpture a aussi ses deux faces, avec chacune son effigie. L’une avec son œil incrusté qui vous regarde (le garde-frontière n’est pas loin !), l’autre avec cette matière qui « coule » (on se la coule douce de ce côté-ci !). Y a-t-il un lien entre ces deux faces ? Le marbre blanc traverse-t-il le granite ? Est-ce une ou plusieurs pierres blanches ? Y a-t-il un truc ? Est-ce un leurre, une illusion, un artifice… pour vous attirer et vous tromper ?
J’ai travaillé certaines surfaces de manière rugueuses et anguleuses, d’autres ont été lissées, invitant la main à la caresse. Nous sommes aussi à la lisière d’une forme cubique (de la borne) et d’une forme arrondie, blanche, comme souple, symbole de liberté et de tendresse. Font-elles bon ménage, peut-on vivre avec ces deux faces?

Mais je dépasse peut-être les bornes… »

Luc Tiercy
Meyrin, avril 2011

sculpture No 127
Granite Baveno et marbre de Carrare (Italie)
75 x 52 x 110 cm
Prix sur demande
Portable Luc Tiercy: 079 417 08 27
Site Internet : www.tiercy.ch